En Suisse, le marché propose plusieurs types d’assurances vie, chacune répondant à des objectifs différents. Certaines se concentrent sur la couverture en cas de décès pour protéger la famille ou les partenaires financiers, tandis que d’autres privilégient l’épargne ou les investissements pour des besoins à long terme.
Dans cet article, nous passerons en revue les principaux types d’assurances vie, leurs avantages respectifs et les critères à prendre en compte pour choisir la meilleure option en fonction de vos besoins.
Assurance décès
L’assurance décès est une assurance de risque pur, qui prévoit le versement d’un capital ou d’une rente aux bénéficiaires désignés si l’assuré décède avant la fin de la période couverte par le contrat.
Les prestations peuvent être utilisés pour maintenir le niveau de vie des membres de la famille, payer des dettes, telles qu’un prêt hypothécaire ou un crédit, couvrir les frais funéraires et autres dépenses imprévues, ou encore financer les études des enfants.
Assurance risque décès sur une tête
Dans une assurance risque décès sur une tête, une seule personne est assurée. Lors de décès du preneur d’assurance, le bénéficiaire touchera la prestation de décès.
Assurance risque décès sur deux têtes
Dans une assurance risque décès sur deux têtes, deux personnes sont assurées. Lorsque l’une d’entre elles décède, l’autre bénéficie de la prestation de décès.
Assurance risque décès à capital constant
L’assurance décès à capital croissant est conçue pour répondre aux besoins financiers qui augmentent avec le temps. Le montant du capital assuré s’accroît régulièrement, selon un pourcentage ou un montant fixe défini au moment de la souscription.
Ce type de contrat est particulièrement adapté aux situations où les responsabilités financières, comme l’éducation des enfants, le maintien du niveau de vie du foyer ou la prise en compte de l’inflation, augmentent à mesure que les années passent. Cependant, en raison de l’augmentation progressive du risque pour l’assureur, les primes d’assurance sont généralement plus élevées.
Assurance risque décès à capital constant
L’assurance décès à capital décroissant, quant à elle, est spécifiquement conçue pour couvrir des besoins financiers temporaires qui diminuent avec le temps. Le capital assuré baisse progressivement selon une trajectoire définie, souvent en parallèle avec une dette, comme un prêt hypothécaire ou un autre crédit.
Elle offre une solution ciblée et économique, car les primes sont généralement plus faibles que celles des assurances à capital croissant, étant donné que le risque pour l’assureur diminue au fil des années.

Assurance incapacité de gain
L’assurance pour incapacité de gain est une assurance de risque pur, qui protège financièrement une personne qui perd sa capacité de travailler et de gagner sa vie en raison d’une maladie ou d’un accident. Elle couvre également les besoins des personnes dépendantes de l’assuré.
Cette assurance verse des rentes proportionnelles au degré d’invalidité, déterminé selon les mêmes critères que les assurances sociales. Pour les actifs, le calcul se base sur la différence entre les revenus avant et après l’invalidité. Pour les non-actifs, la perte de capacité à accomplir leurs tâches habituelles est évaluée.
L’assurance en cas de vie avec restitution
L’assurance en cas de vie avec restitution est une assurance de capital simple visant principalement à constituer un capital. Les primes versées par l’assuré financent la prestation convenue, augmentée d’un intérêt technique.
- En cas de vie : L’assuré reçoit le capital prévu à l’échéance du contrat, ainsi que d’éventuels excédents.
- En cas de décès : Les bénéficiaires reçoivent au moins les primes d’épargne versées, complétées par des excédents et/ou des intérêts selon les conditions générales.
Ce type d’assurance convient aux personnes ayant un objectif financier précis, car il impose une discipline de versement régulier, ce qui favorise la réalisation de leur projet par rapport à une épargne bancaire plus flexible.
Assurance vie mixte
L’assurance vie mixte associe une épargne à une protection en cas de décès.
- Si l’assuré est en vie à la fin du contrat, il reçoit le capital prévu ainsi que d’éventuels excédents.
- En cas de décès avant l’échéance, les bénéficiaires reçoivent le montant assuré ainsi que les parts d’excédents, selon les termes du contrat.
Ce type d’assurance sert à la fois à protéger les proches en cas de décès et à préparer une épargne pour la retraite. Elle est particulièrement prisée par les familles pour son rôle dans le cadre du 3e pilier, offrant sécurité et prévoyance sur le long terme.
Assurance vie liée à un fonds
L’assurance vie liée à un fonds combine épargne et protection en cas de décès, tout comme une assurance mixte classique. Cependant, elle se distingue par la gestion des placements.
- En cas de décès avant la fin du contrat : Le bénéficiaire reçoit au minimum le capital décès convenu. Si la valeur des parts de fonds est supérieure, le bénéficiaire reçoit cette valeur plus élevée.
- En cas de vie à l’échéance : L’assuré perçoit la valeur de ses parts de fonds au prix du marché, sans garantie de montant minimal, mais avec la possibilité d’une plus-value intéressante en cas de bonnes performances des marchés financiers.
La particularité réside dans le fait que les primes d’épargne sont investies dans des fonds choisis par l’assuré, qui décide du niveau de risque et peut ajuster ses placements durant le contrat. Contrairement aux assurances traditionnelles, où l’assureur assume seul le risque des placements et garantit un montant minimal, l’assuré dans une assurance liée à un fonds prend une part active dans les décisions et assume les risques.
Ce type de contrat offre un potentiel de rendement élevé, mais aussi une exposition aux fluctuations des marchés, avec le risque de pertes en cas de mauvaise performance.
Rentes viagères
Les rentes viagères offrent un revenu régulier à l’assuré pour toute la durée de sa vie, indépendamment de sa longévité. L’assuré achète cette rente en versant un capital, souvent sous forme de prime unique, ou en constituant progressivement un capital via des primes annuelles avant le début des paiements. Les rentes viagères peuvent être immédiates, débutant peu après la souscription, ou différées, commençant à une date ultérieure, ce qui laisse le temps de constituer le capital nécessaire.
Ces rentes sont généralement choisies par des personnes proches de la retraite ou ayant accumulé un capital suffisant. Elles peuvent être souscrites sur une seule tête ou sur deux têtes. Une option avec restitution permet de verser le capital restant non utilisé aux bénéficiaires, tandis qu’une option sans restitution maximise le montant des rentes, mais aucun capital n’est reversé.
Rentes temporaires
Les rentes temporaires, contrairement aux rentes viagères, ne couvrent qu’une période déterminée, choisie lors de la souscription. Elles sont utiles pour répondre à des besoins financiers ponctuels, comme financer une retraite anticipée jusqu’à l’âge où les prestations AVS ou du 2e pilier commencent.
Elles sont moins coûteuses que les rentes viagères, car elles ne s’étendent pas sur une durée indéterminée. Les rentes temporaires conviennent aux personnes ayant des objectifs financiers clairs sur une période limitée, comme couvrir des projets ou combler un écart financier temporaire.
Questions fréquentes
Le choix de l’assurance vie dépend avant tout de vos objectifs personnels et financiers :
- Protection des proches : Optez pour une assurance décès ou une assurance risque décès (sur une ou deux têtes) pour garantir le versement d’un capital ou d’une rente en cas de décès.
- Constitution d’une épargne ou préparation de la retraite : Les contrats « en cas de vie avec restitution » ou « vie mixte » permettent de combiner protection et épargne.
- Investissement : L’assurance vie liée à un fonds, de préférence en banque, vous offre la possibilité de choisir vos supports d’investissement, avec un potentiel de rendement intéressant mais une exposition aux fluctuations des marchés.
En principe, il n’existe pas de montant maximum imposé par la loi pour souscrire une assurance vie. Le capital assuré est librement fixé en fonction de vos besoins, du niveau de protection souhaité et des conditions du contrat. Cependant, les aspects fiscaux peuvent intervenir pour les montants très élevés.
Si l’assurance vie est conclue dans le cadre du pilier 3a, la cotisation maximale se monte à CHF 7’258 / an.
Ouvrir une assurance vie présente plusieurs avantages :
- Sécuriser financièrement vos proches en cas de décès.
- Constituer une épargne sur le long terme, grâce à des versements réguliers et/ou à des opportunités d’investissement.
- Bénéficier d’un cadre fiscal avantageux (notamment en matière de transmission, de fiscalité des gains ou de déductions fiscales).
- Préparer votre retraite en complétant vos revenus futurs.
L’assurance vie sert essentiellement à :
- Protéger les bénéficiaires en cas de décès (assurance décès).
- Constituer et faire fructifier une épargne pour financer des projets ou préparer la retraite (assurance en cas de vie, vie mixte ou liée à un fonds).
- Offrir des solutions de revenus réguliers via des rentes viagères ou temporaires, souvent adaptées aux besoins de retraite.
Il n’y a pas de limite légale au nombre de contrats d’assurance vie que vous pouvez souscrire. Toutefois, il est important que chaque contrat réponde à un objectif précis afin d’optimiser la gestion de votre patrimoine et de bénéficier au mieux des avantages fiscaux.
Un contrat d’assurance vie à terme est établi pour une durée déterminée :
- Suivi et révision réguliers : Vérifiez que le contrat correspond toujours à vos besoins à l’approche de son échéance.
- Conversion ou renouvellement : Selon les conditions, vous pouvez envisager de le convertir en contrat à vie ou souscrire un nouveau contrat pour continuer à bénéficier d’une couverture ou d’une épargne.
- Utilisation des fonds : En fin de contrat, si vous êtes en vie, vous recevez le capital accumulé, ce qui peut servir à financer un projet ou renforcer votre épargne retraite.
Oui, les contrats d’assurance vie doivent être déclarés aux impôts. La fiscalité varie selon :
- Les primes versées,
- La valeur de rachat,
- Les rentes perçues, etc. Les gains bénéficient souvent d’un traitement fiscal avantageux, mais il est recommandé de consulter un conseiller fiscal pour s’assurer de respecter toutes les obligations déclaratives.
La « valeur de rachat » correspond au montant que vous pouvez récupérer si vous décidez de résilier votre contrat avant son terme. Ce montant intègre généralement :
- Les primes versées,
- Les intérêts ou bonus acquis,
- Éventuellement, moins des frais de gestion ou pénalités de sortie.
Le calcul de la valeur de rachat dépend des modalités spécifiques du contrat :
- Il intègre le cumul des primes versées,
- Les intérêts techniques ou les plus-values générées,
- Les éventuels frais de conclusion ou pénalités prévus en cas de rachat anticipé.
Le déblocage des fonds peut intervenir dans plusieurs situations :
- Arrivée à échéance du contrat : Vous recevez le capital ou les rentes prévues.
- Rachat partiel ou total : Vous pouvez demander le rachat anticipé du contrat, ce qui implique de récupérer la valeur de rachat, moyennant éventuellement des frais ou pénalités.
- Cas particuliers : Certains événements exceptionnels (invalidité, difficultés financières avérées, etc.) prévoient des modalités spécifiques de déblocage.